"Je veux en être!"

Je veux en être, tu veux en être, vous voulez en être... nous voulons tous en être!

Ce sentiment nous a étreints avec une force inouïe, dimanche dernier, en allant manifester place de la République, après les tragiques événements de la semaine passée. Ni une, ni  deux, sans réfléchir, remués jusque dans nos tripes,  nous nous sommes mobilisés à l'unisson. "J'y étais, comment aurais-je pu être ailleurs ?"

Quel réveil populaire, humaniste, patriotique! Quel élan! Quelle ferveur!

Très revigorant et très interpellant aussi. Car, quand la majorité des sondages internes aux entreprises françaises affichent un taux déplorable d'engagement de leurs collaborateurs, forcément, ça fait réfléchir. Ce sont bien ces mêmes français qui se sont levés d'un bond dimanche dernier.

Vous allez dire que je mélange tout, que je compare ce qui est incomparable, qu'on parle ici de vies assassinées, de défense du droit fondamental de notre liberté d'expression. Mais justement. N'est-ce pas ce qui manque cruellement dans beaucoup d'entreprises : quelque chose de fondamental ?
Une valeur essentielle, une raison d'être de leur activité, partagées par l'ensemble des collaborateurs.
Et je ne parle pas des phrases creuses, désincarnées, standardisées, intellectuelles qui font souvent office de vision dans les entreprises. Non, je parle d'un ressort profond de l'entreprise, irréductible, intouchable, quasi émotionnel, à identifier en urgence, capable de faire lever d'un bond n'importe quel collaborateur le matin, propre à le faire s'entasser dans un métro bondé sans râler, plein d'énergie, impatient d'aller travailler.

Imaginons des collaborateurs mus par ce "Je veux en être" en parlant de leur entreprise. Quelle force pour l'organisation qui les accueille, quel avantage concurrentiel, quel atout pour son avenir! Dans notre monde de plus en plus imprévisible, chahuté en permanence, où la pérennité des entreprises est fragilisée, les équipes dirigeantes qui parviendront à aller chercher chez leurs collaborateurs ce ressort intérieur, plus fort que tout, qui leur permettra de se sentir vivants, feront la différence.

Et puis, rêvons un peu, ce serait formidable de voir un Comex faire une standing ovation à son Président, comme l'Assemblée Nationale à son Premier Ministre il y a quelques jours. Et pourquoi pas ?

5 commentaires:

  1. Voici une comparaison très audacieuse entre ce qui peut mouvoir une nation et le monde plus "opérationnel" de l'entreprise ! Mais, en effet, pourquoi pas ?

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  2. Pourquoi pas en effet oser cette comparaison audacieuse ? Mais, indépendamment du talent et de la bonne volonté des uns et des autres, la comparaison se heurte rapidement à un écueil de taille: nous avons peu d'occasions, dans la vie de tous les jours et plus particulièrement au travail, de trouver autant d'adhésion viscérale à une cause collective comme celle de dimanche dernier. Pour susciter un tel mouvement, profond, organique, il faut du sens, un danger vital, une problématique essentielle. Le monde de l'entreprise en offre en général peu par nature, quelles que soient les qualités de leur managers, non ?

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  3. Votre comparaison est fort utile. Les dirigeants devraient sans cesse mettre en perspective ce qu'ils demandent à leurs salariés, afin de donner un sens à chacune de leur mission. Chacun irait alors de sa contribution à un beau projet, pour peu qu'il sache ensuite mesurer ses résultats et en être récompensé. "Voilà à quoi tu contribues" plutôt que "voici ce que tu dois faire".
    Rodrigo, chef d'entreprise

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  4. La mobilisation a fait sens car chacun a facilement relié le bien commun et individuel en danger : la liberté.
    Pour faire un parallèle avec l'entreprise et obtenir le même résultat, il faudrait développer chez les collaborateurs un sens plus fort de l'appartenance, pas tant du collaborateur à l'entreprise mais de l'entreprise au collaborateur. Peut-être verrons nous alors des collaborateurs se lever avec un "touche pas à ma boite" "je suis ma boite" mais encore faudrait-il qu'ils ne soient pas, comme souvent, considérés une simple variable d'ajustement.

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