"Un monde vertigineux mais un vertige joyeux"

"Le changement qui nous attend dans les trois prochaines années sera plus fort que tout ce que j'ai pu connaitre en 36 ans de carrière chez l'Oréal", ainsi commençait le discours de Jean-Paul Agon devant plusieurs milliers de ses collaborateurs il y a quelques jours.

Sans note ni prompteur, les yeux dans les yeux, mû par la volonté d'interpeller son public avec des mots très personnels, il décrit ce nouveau monde, "qui se transforme à une vitesse colossale ", imprévisible, capable de déstabiliser même le Président d'un grand groupe. "Le bilan et les chiffres", précise-t-il, "je vais passer vite, ce n'est pas mon message aujourd'hui".

Ce discours me touche particulièrement. Non seulement parce que c'est le thème de mon ouvrage et de ce blog, cela va de soi, mais parce qu'il me semble receler l'étoile dans le ciel capable de guider les collaborateurs chaque matin : l'humilité face à l'incertitude, associée à une grande confiance en soi autour des fondamentaux de l'entreprise; la sincérité et le parler-vrai sur la réalité qui nous entoure, ce "new normal" est désigné, le dirigeant l'explique de manière pédagogique, fait toucher du doigt précisément les nouveaux défis qu'il engendre comme les nécessaires remises en question personnelles. Et, le plus important il me semble, c'est un discours qui donne envie d'aller se frotter à ce nouveau monde, ce n'est pas un discours dépressif, austère comme on en entend parfois. Les phrases de Jean-Paul Agon pèsent certes un peu lourd, elles n'en restent pas moins stimulantes et joyeuses. D'ailleurs, précise-t-il lui même, "ce monde est vertigineux... mais c'est un vertige joyeux".

Sur ces dernières paroles directes et incarnées, les collaborateurs se lèvent et ovationnent leur Président. Ceux-là viennent d'avoir une bonne dose de vitamines et d'énergie pour affronter l'hiver, vous ne trouvez pas ?




2 commentaires:

  1. La puissance de frappe des grands groupes internationaux peut souvent effrayer les outsiders malgré leur réactivité et leur créativité. Pourtant, vu de l’intérieur, les équipes de ces colosses ne se sentent souvent pas bien préparées pour faire face à ce monde changeant et incertain tant les inerties internes paralysent ou détruisent dans l’œuf toute initiative, réactivité ou prise de risque. Ces géants vont donc devoir s’inspirer des petits et retrouver l’esprit entrepreneur : « osez, n’ayez pas peur et faites-vous plaisir ». Leurs dirigeants vont aussi devoir apprendre à lâcher le contrôle et insuffler la confiance faute de quoi, rien ne changera vraiment.

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  2. Merci Corinne de nous rappeler qu'il y a fort heureusement encore des dirigeants optimistes, inspirants et pourfendeurs de technocratie !

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