Ce que votre rapport au temps dit de vous


Etes-vous un "clock timer" ou un "event timer" ?

Vous êtes un "clock timer" si vous êtes un maître dans l'organisation de votre agenda, dans le sens où tout votre programme est réglé comme du papier à musique au sein de créneaux horaires successifs que vous respectez scrupuleusement.
Face à tout ce qui vient bousculer votre agenda, vous n'avez pas votre pareil pour réorganiser vos rendez-vous afin que l'ensemble ne s'en trouve pas perturbé. Ainsi, votre organisation du temps peut être comparée à un bouquet de fleurs, un ensemble d'unités que vous réarrangez en permanence en fonction de votre actualité, sans changer le bouquet d'ensemble.

Vous êtes un "event timer" si vous ne passez pas d'un événement à un autre juste parce que c'est la fin de l'horaire qui lui est alloué dans votre agenda (comme le ferait un bon "clock timer"), mais uniquement lorsque vous vous sentez prêt à le faire, que vous jugez que vous en avez fini avec, ou tout simplement que vous en avez envie. La montre n'est plus votre arbitre. Ainsi, chacun des événements de votre journée dépend de ce qui s'est passé dans le précédent. Votre organisation du temps peut être comparée à un collier de perles, où chaque perle enfilée dépend de la précédente, où l'on ne peut pas en retirer une sans bouger l'ensemble.

La révolution industrielle et le taylorisme ont généré le culte de la performance horaire, donc le culte du "clock timer". Les bénéfices sont nombreux : efficacité, capacité de contrôle, maintien de l'indépendance de notre organisation personnelle quels que soient les événements extérieurs.

Cependant, il semblerait que les "clock timers" soient moins à l'aise que les "event timers" dans notre monde d'aujourd'hui, plus complexe et chaotique. En effet, se référer en permanence au respect du timing dans tout ce que nous vivons nous ferait perdre des qualités aujourd'hui essentielles :

- moins d'adaptabilité face à l'imprévu
- moins de facilité à saisir les opportunités lorsqu'elles se présentent
- moins de mémorisation lors de réunions (notre montre et notre préoccupation pour notre réunion suivante polluent notre cerveau)
- moins de connexion à ses émotions (notre disponibilité partielle nous empêche d'être pleinement là)
- et même, moins d'aptitude au bonheur (le "clock timer" aurait plus de difficultés que "l'event timer" à ancrer les émotions positives car vivant moins l'instant).

La performance horaire serait donc désormais perverse. Pour répondre à notre perception d'un monde toujours plus perturbant qui exige créativité, opportunités à saisir, ajustement permanent, connexion profonde, le "clock timer" devrait s'inspirer de "l'event timer"... qui l'agace tant.


Pour en savoir plus, je vous recommande le speech TedX d'Anne-Laure Sellier, Professeure Associée de Marketing à HEC : https://www.youtube.com/watch?v=pUrrljujWc0






2 commentaires:

  1. Merci Corinne pour cette nouvelle analyse, toujours aussi pertinente.

    Si les avantages de la flexibilité dans un monde imprévisible sont ici bien mis en avant, il me semble que l'un de ses inconvénients majeurs est passé sous silence. Aujourd'hui, les managers passent en effet leur temps à courir d'une réunion à l'autre. Si le dirigeant est un "event timer", tous les participants aux réunions attendent que le chef arrive...ce qui est une source d'inefficacité et de stress.

    Devinez quoi : je suis un clock timer en effet agacé par l'event timer qui se permet de prendre mon temps en otage !

    Georges, manager à l'ancienne...

    RépondreSupprimer
  2. Force est de constater que les gens inspirants que je connais sont plutôt des event timers. D'un autre côté, les event timers ont intérêt à être brillants sinon ils peuvent aussi devenir des
    boulets pour le planning des autres

    RépondreSupprimer