Rattrapés par notre besoin de sécurité!



L’actualité des derniers mois nous fait renouer brutalement avec notre besoin primaire de sécurité : nous avons reçu en pleine figure bon nombre de surprises à l’échelle nationale et internationale en termes d’élections politiques, de violences terroristes, d’incertitudes géopolitiques, économiques et sociales. Nous voilà ainsi ramenés au niveau 2 des besoins humains de la pyramide Maslow (rappelée ci-dessous), celui de la sécurité. Qui l’eut cru, nous qui pensions désormais naviguer avec insouciance dans ce 21ème siècle, boostés par la vague du progrès technologique et notre quête ultime de développement personnel ?

Nos besoins orientent nos comportements
Dans les années 40, le psychologue Abraham Maslow avait représenté la hiérarchisation des besoins par une pyramide. Selon cette théorie, derrière les motivations humaines se cachent cinq besoins fondamentaux : le besoin physiologique (avoir un toit et manger à sa faim), le besoin de sécurité (être à l’abri du danger et avoir confiance), le besoin d’appartenance (je me sens inclus et aimé des autres), le besoin d’estime de soi (je suis utile, je contribue) et le besoin de réalisation (je m’accomplis personnellement). Le principe de la hiérarchisation repose sur le postulat que lorsqu’un besoin est satisfait, le besoin de l’étage supérieur va progressivement prendre sa place. Abraham Maslow explique que c’est le niveau non-satisfait des besoins qui oriente l’individu dans son comportement. Il est donc inutile de vouloir assouvir des besoins d’un niveau supérieur si les besoins inférieurs ne sont pas encore satisfaits. Si un individu est dans une situation précaire et qu’il se réveille tous les matins la faim au ventre, il ne sera pas préoccupé par son désir d’accomplissement personnel mais plutôt par ce qu’il va pouvoir rapidement se mettre dans l’estomac. Certes.

Quand la pyramide ne tient plus debout !
Ce principe de hiérarchisation atteint ses limites aujourd’hui. En effet, quels que soient notre situation et notre niveau social, l’actualité que nous vivons fragilise fortement le niveau 2 que nous croyions acquis. Désormais, il nous faudra concilier les niveaux supérieurs et inférieurs de la pyramide. Et dire qu’il y a quelques années encore, on enseignait aux étudiants que la plupart des individus ayant un emploi salarié dans les pays développés n’étaient plus concernés par les deux étages du bas de la pyramide. Il va falloir changer de discours et prendre conscience que nous allons devoir nourrir plusieurs besoins à la fois, de nature radicalement différente. Ainsi, comme les jeunes générations l’expriment déjà, nous serons tout autant préoccupés par notre désir d’épanouissement personnel que par notre doute quant à un avenir sécure.
Que faire pour nourrir ce besoin de sécurité ?
Se replier sur soi ? Se révolter ? Renouer avec nos instincts de survie et protéger coûte que coûte les générations futures ? Un beau moment de vérité face à nous-mêmes en perspective ! Cela sera intéressant d’étudier les mécanismes de défense que chacun de nous va mettre en place. A y regarder de près, on constatera que les recours pour répondre à notre insécurité croissante, de l’action individuelle (autoprotection, plaisir personnel, recherche d’équilibre et de bien-être, quête de sens) à l’action collective (interconnexion, solidarité, collaboratif) relèveront de l’appartenance, de l’estime ou de la réalisation personnelle. Les besoins de Maslow sont donc désormais interdépendants et non plus hiérarchisés et successifs. Le modèle s’horizontalise ! 


Cela se confirme, la mode n’est vraiment plus au hiérarchique ni au pyramidal.
Pyramide de Maslow




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